INTRO

EXT – JOUR - RUE

On voit un homme distribuer des prospectus, il en met dans les boites aux lettres et au pied des immeubles.

EXT – JOUR – PAS DE PORTE

Sur le pas d’une porte, une paire de pieds piétine un des prospectus. On découvre le visage d’un riverain… il ramasse le prospectus et y jette un œil… il aperçoit un type avec un casque devant lui… derrière, au loin, l’ouvrier qui distribue les prospectus d’information. Il se dirige sur vers l’homme au casque, et l’interpelle.

EXT – JOUR - RUE

Le riverain : « Monsieur… s’il vous plait… monsieur… »

Le cadre se retourne.

Le riverain : « Dites-moi… c’est bien vous qui distribuez ces prospectus… Parce que je viens d’en ramasser un… et il était par terre ! ».

Le cadre (affable) : « Bonjour… euh… vraiment désolé, il a du s’envoler. C’est pour les travaux que nous allons réaliser. »

Le riverain : « Ah…  je disais ça comme ça, hein ! »

Le cadre : «  Bon… et bien, bonne journée… »

 Le cadre s’éloigne… mais le riverain le rattrape.

Le riverain : « Excusez-moi… de quels travaux parlez-vous ? »

Le cadre : « De ceux-là…  (Le cadre lui montre l’un des panneaux informant de la nature et de la durée des travaux…). On prévient longtemps à l’avance… et on fait attention de ne pas bloquer les accès au trottoir»,

Le riverain s’approche et fait mine de lire. Il acquiesce à plusieurs reprises. Puis se met à gratter le plastique du panneau.

Le riverain : « Pas pratique cette matière, avec les reflets, on a du mal à lire…

Le cadre remue la tête, genre « quel emmerdeur » 

Le riverain : « … et si on a des questions qui nous répond ? »

… le riverain regarde le cadre, l’air un peu niais.

Le cadre : « et bien on peut appeler le numéro vert ou consulter le site internet… (Il montre le numéro sur le prospectus).

Le riverain : « Ah d’accord, c’est bien foutu votre truc… »

Le riverain reste planté là…

Le cadre : (sympa) « … et bien bonne journée… j’ai du travail… »

On voit le cadre s’éloigner… On entend un bruit de taule assez fort. Le cadre se tourne alors dans la direction du bruit, il aperçoit le riverain en train de pousser une plaque (petit pont)… Le cadre accourt à proximité.

Le cadre : « Qu’est ce que vous faites là ? Il ne faut pas toucher à ces plaques …»

Le riverain : «je regardais juste… Elles servent à quoi ces plaques ? »

Le cadre (patient) : « Et bien ça sert à réduire les nuisances sonores quand les voitures roulent dessus. Elles sont en plastique, ça fait moins de bruit… ».

Le cadre regarde sa montre.

Le cadre : « Vous avez cinq minutes… J’aimerais vous montrer les mesures que nous prenons pour réduire les nuisances… »

Le riverain : « oh merci bien, mais… j’ai atelier tricot aujourd’hui »

Le cadre interloqué.

Le cadre : « atelier tricot ? »

Le riverain : « oui enfin, c’est pour la drague, hein… vous savez ce que c’est …».

Il ponctue par un clin d’œil et s’en va. Le cadre poursuit son chemin en remuant la tête de droite à gauche (genre : pas possible un mec pareil !). On le voit monter dans une petite voiture électrique. Il s’apprête à démarrer. Quand une main tape à la vitre. Le cadre la  descend, le riverain plein cadre.

INT-JOUR-VOITURE

Le riverain : « au diable l’atelier tricot »

Il monte…

Le riverain : « Au fait…François Pignon… ». Il tend la main.

Le cadre est mutique, il lui sert la main mécaniquement, il n’en revient pas…

Le cadre : « Eric… Eric Perrin »

Le cadre démarre la voiture, dans le silence.

Le riverain (enjoué) : « Sympa cette petite voiture… »

Le riverain touche à tout.

Le cadre : « Elle est 100 % électrique… »

Le riverain : « Ah oui ! j’me disais : on entend à peine le moteur… »

Le cadre (se détend) : « Exactement, ça diminue le bruit et en plus cela s’inscrit dans notre plan de réduction globale du CO2 et de la consommation énergétique »

Le riverain (hyper sérieux, quasi maladif): « Vous avez un plan global ??? »

Le cadre : « Oui… enfin… 38% de consommation électrique en moins… 17% d’émission en moins en CO2 »

Ils arrivent au dépôt… la voiture stoppe.

Le riverain : « chapeau, vraiment … quand je vais dire ça à Madame Labrosse… »

EXT – JOUR – CENTRE BASE DE VIE

Le cadre se détend progressivement, trouvant presque sympathique notre riverain. Il descend de la voiture la sourire en coin quand il entend un commentaire.

Le riverain : « … Finalement, rien ne vaut un bon 4/4, tout confort »

On voit la mine déconfite du cadre… Le riverain s’est éloigné, il se tient les mains sur les hanches…

Le riverain : « Et ben… On est ou là ? »

Le cadre arrive à sa hauteur, lui montre les camions…

Le cadre : C’est notre base de vie…Vous voyez ces camions, là-bas… Grâce à cette route qu’on a fait goudronner, leurs roues n’ont pratiquement plus de terre… (Il s’avance légèrement). La chaussée est nettement plus propre et…

Le cadre constate qu’il est seul, le riverain se trouve plus loin devant un amas de ferraille. Ce dernier n’a pas vu les pancartes de recyclage.

Le riverain : « Quel gâchis… ça me met en pétard !!! Et c’est nos impôts qui financent tous ça… » 

Le cadre : « Attendez… C’est écrit quoi sur ces pancartes ?  Là, là, là… Là et là !!! »

Le riverain a suivi hyper rapidement ce que lui montre le cadre un peu excédé.

Le cadre : « On recycle plus de 60% des déchets !!! »

Le riverain : « c’est tout ! »

Le visage du cadre se fige dans un rictus proche de l’implosion. Le riverain le dévisage et ajoute fébrilement…

Le riverain : « Remarquez, c’est déjà bien… même très bien »

Le cadre : « Bon, j’ai du travail… la sortie est par là…»

Le cadre se dirige vers la voiturette d’un pas agité. Il est rattrapé à nouveau par le riverain…

Le riverain : « monsieur Perrin… »

Le cadre : « QUOI ENCORE… »

Le riverain : « Vous… vous pouvez me ramener, je ne me sens pas très bien.. » 

Le cadre soupire et acquiesce

Le riverain : « Merci bien M Perrin… », Il se tortille dans son siège.

La voiture démarre en trombe et sort du centre… Elle s’engouffre dans une ruelle dans laquelle une trancheuse est à l’œuvre. Un peu plus loin, une nacelle avec un ouvrier s’occupant d’un candélabre.

EXT – JOUR - RUE

La voiture stoppe…

Le riverain : « Ah ben voyons ! Et là ! Vous allez me dire que vous ne faites pas de bruit ? »

Le cadre le regarde son visage est hyper tendu. Il descend de la voiture dans un silence de plomb, ouvre la portière, et fait signe au riverain de descendre et de le suivre. Il l’amène prés de la tranchée.

Le cadre (parle très rapidement): « Non… là je vais vous dire que nous utilisons une micro-trancheuse avec un nouveau mortier de rebouchage auto compactant. C’est mon entreprise qui est à l’origine de cette invention. Cette machine produit 6 à 8 fois moins de déchets de remblai et ce mortier permet un séchage plus rapide. Comme ça,  les nuisances aux riverains sont réduites et la voirie est réutilisable quasiment immédiatement ».

Le cadre : « Cappichi ? » (il ponctue par une petite tape sur la joue.)

Le riverain : « Ah oui ! J’ai… enfin là… J’ai… j’ai tout compris… »

Le cadre lui tend la main …

Le cadre : « M. Pignon, au revoir… »

Ellipse, le cadre est dans la nacelle…Elle s’élève vers un candélabre… »

Je propose d’afficher cette partie en texte en dessous de l’image, façon pub !

RETRAVAILLER SCENE NACELLE POUR LA METTRE + EN AVANT (nacelle pour l’installation et la maintenance de l’éclairage public, fonctionne sans que le moteur du camion soit allumé mais avec des batteries qui aliment le panier nacelle, réduit de 66 % les émissions de CO2, et permet d’éliminier proprement les déchets en triant les sources lumineuses et les déchets électriques grâce à un bac specifique, qui partent ensuite dans une filière d’élimination adaptée)

Le cadre entend quelqu’un l’appeler. Le riverain est en bas.

Le riverain : « Monsieur Perrin… Dites-moi… qu’est-ce que je fais du prospectus… vous serez là demain ? »

On finit sur le visage du cadre qui n’en croit pas ses yeux et ses oreilles…